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Un peu d'histoire.

L'escalade est le nom de la fête commémorant la victoire de la ville de Genève qui repousse une attaque du Duc de Savoie dans la nuit du 112 au 12 décembre 1602. Le nom d'escalade est issu de la technique employée par les Savoyards pour tenter d'escalader les murailles de la vieille ville au moyen d'échelles. 

Au cours du 19ème siècle, alors que la plupart des grands sommets alpins sont vaincus uniquement dans un but de conquête, Albert Frederick Mummery s’illustre en 1980 et 1981 par des escalades purement rocheuses dans le massif du Mont-Blanc, aux Grands Charmoz (3.455 m) et au Grépon (3.482 m), le premier niveau V de l’histoire. Ces itinéraires restent d’ailleurs toujours des courses de référence… 

Les alpinistes estiment alors que pour effectuer des ascensions il est nécessaire de s'entraîner toute l'année, pour se préparer à leurs saisons en montagne. Ainsi, les blocs de Fontainebleau sont parcourus lors des sorties dominicales. La démarche est identique dans les autres pays d'Europe avec les falaises de Lake District en Angleterre, les tours de gré de Dresde en Allemagne de l'Est et les parois des Dolomites en italie.

 
L’escalade est née.
Partout dans le monde, chaque groupe de grimpeurs dicte ses propres codes toujours d’actualité de nos jours. Parmi les principaux, l'ouverture des voies depuis le bas, la notion d’escalade libre entre les points d’assurage…, 
En 1902, l’escalade à la mode «allemande», éthique de l’escalade libre, certes extrêmement risquée mais tellement consiste afin de pouvoir se protéger par la pose des rings, de pitons ou en coinçant des noeuds de cordelette, à gravir les hauts blocs et les falaises par leurs zones de faiblesse : les cheminées ou les fissures.
En 1903, simultanément en Angleterre et en Allemagne, les grimpeurs changent les règles et s’aventurent pour la première fois dans des dalles compactes.
 
En 1905, la barre du sixième degré en Allemagne. Pour « la petite histoire », lorsque ses ascensions étaient mises en doute, il allait les refaire puis gravait son nom au sommet des tours. Ses inscriptions sont d’ailleurs toujours visibles aujourd’hui. 
 
Chacun à leur manière, les alpinistes font évoluer la discipline encore toute jeune.
Paul Preuss s’illustre par ses ouvertures, (1.200 voies dont 300 en solo intégral !) et sa philosophie prônant l’escalade libre en ne s’aidant que des prises du rocher, la corde ne devant servir qu’à assurer le second de cordée. Selon lui un grimpeur doit toujours être capable de redescendre en désescalade par la voie d’ascension. Une doctrine qui lui coûtera la vie.
 
Gian Battista Piaz  réalise d’audacieuses premières grâce notamment à des lancés de corde et des tyroliennes. 
 
Otto Robert Herzorg est le premier à utiliser des mousquetons empruntés aux pompiers de Munich. Auparavant les grimpeurs devaient se décorder à chaque point d’assurage pour passer la corde directement dans le piton.
C'est également lui qui se lance en 1923 dans les grandes faces nécessitant un bivouac en paroi Le premier big wall
 
Hans DulferHans Dülfer est invente la technique d’escalade de fissure qui porte son nom, basée sur une opposition des forces de traction des bras et de poussée des pieds ainsi que le système de descente en rappel cuisse-épaule et de nombreuses techniques de traversées sur corde. Il proposa également la première échelle de cotation, du I au 5 à l’époque. 
Ricardo Cassin et Emilio Comici  utilisent peu de matériel pour privilégier au maximum l’escalade libre. 
 
 
 

Aux Etat Unis, il faut attendre 1927 pour que deux émigrants allemands, Joe et Paul Stettner ouvrent la première «vraie» voie US sur la face Est du Longs Peak.

 
45a8893e732194e679f3df5914a77b03La généralisation dans les années 30 de matériel spécifique avec l'apparition des chaussons d'escalade à gomme adhérente inventés par Pierre Allain donne un nouvel essor à la pratique de l'escalade. 

Les américains sont toujours isolés du milieu européen si actif. Les pitons qu’ils reçoivent de Munich ne sont pas vraiment conçus pour le granite US. Ils sont souvent irrécupérables une fois plantés ! Il faut attendre la visite de quelques membres de l’Appalachian Mountain Club à Chamonix et dans les Dolomites pour qu'ils ramènent dans leurs bagages des cordes et du matériel d’équipement mais surtout des techniques de bases.

ba433d7fe3a97c8f7af30c560d0ddd2d1939 marque un tournant dans l’escalade US, puis à l’avenir, pour le reste du monde. Dave Brower, Raffi Bedayn, John Dyer et Bestor Robinson utilisent pour la première fois des “bolts”, les  fameux pitons à expansion qui nécessitent un forage pour se planter dans des zones compactes où il est impossible de poser un piton classique qui nécessite toujours une fissure. Les américains ont ainsi l’outil idéal pour venir à bout de toutes leurs grandes faces granitiques.

Dans les années 1950, Claudio Barbier propose de ne plus utiliser les pitons pour progresser mais juste pour s’assurer. Pour confirmer cette «libération» il va même jusqu’à les peindre en jaune ! D'où le terme "jaunir" une voie qui ne s'utilise plus guère aujourd'hui.

a39fbdd2691664d1fa91d1591751ed3fLes «Marseillais», dont entre autre, Georges Livanos dit «le grec» et Gaston Rebuffat, sont dans une toute autre démarche plutôt axée sur une réelle préparation technique à la haute montagne. Tous les moyens sont bons pour sortir au sommet et les faces les plus techniques sont parcourues en escalade artificielle afin de passer. Jusqu’à la fin des années 70, les grimpeurs américains, s’illustrent également en ouvrant des dizaines de voies, toutes aussi extrêmes les unes que les autres : «Salathe Wall» (1961), «North America Wall» (1964), «Zodiac» (1972), «The Shield» (1972), «Mescalito» (1973), «Pacific Ocean Wall» (1975), «Sea of Dreams» (1978)… Ces itinéraires sont toujours les références incontournables de l'escalade artificielle. A partir de années 70, ils conçoivent et fabriquent des coinceurs permettant de laisser les voies en fissure quasiment vierges de tout équipement. 
 
L’escalade de bloc, sous l’impulsion de très forts athlètes comme John Gill, qui fut d’ailleurs le premier à utiliser la magnésie des gymnastes pour assécher la transpiration des mains, leur permet d’atteindre les cotations de 7b/7c bloc, un niveau remarquable pour l’époque. 
 
En France, le guide Jean-Claude Droyer devient la figure emblématique de l'escalade libre qui va finir par s’imposer dans les années 70. En 1976 il réussit le premier 6b français, puis en 1977 les premiers 6c et 7a. Contrairement à la mode anglo-saxonne, la généralisation de l’usage de nouveaux pitons à expansion, les «spits», va ainsi permettre de faire très rapidement évoluer le niveau. Le Verdon et Buoux deviennent les falaises équipées à la mode.

43dc00cc488ac892131af1643c83a73fDans les années 80, c'est la tempête médiatique autour de Patrick Edlinger et «La vie au bout des doigts». Il devient l'ambassadeur de l'escalade en représentant des valeurs comme le respect de la nature, la maîtrise du geste, l’engagement ultime. Il met au point les premières techniques «scientifiques» d’entraînements et l’escalade devient un sport à part entière. Les cotations s’enflamment, les grimpeurs deviennent de vrais athlètes professionnels pouvant enfin vivre de leur passion grâce aux sponsors et en 1983 la première compétition est organisée à Yalta en Russie.

Dans les années 90, l'enseignement scolaire de l’escalade est en forte augmentation. C'est également l’augmentation significative du nombre de pratiquants. La pratique du bloc explose et s'inscrit définitivement comme une pratique à part entière en compétition.

En 1994, s’opère définitivement la scission entre l’escalade et les sports de montagne. La revue exclusivement dédiée à l’escalade est créée, le magazine «Grimper». Les premières salles privées ouvrent Résultat de recherche d'images pour "lynn hill enchaine le nose"et Lynn Hill enchaîne le "Nose" au Yosemite !. 

 

 

L'histoire des murs d'escalade

C'est à la fête de l'huma, le 3 et 4 septembre 1955 au bois de Vincennes qu'apparaît la première version de la structure artificielle d'escalade pour démonstration et essais des visiteurs. Pierre Szekely est à l'origine en 1975 de la première structure artificielle en dur de France, "La Dame du Lac" située dans la région parisienne. Elle est en béton, ressemble à une sculpture et mesure 15 mètres de hauteur. Le premier mur d'escalade intérieur ouvre en 1992 "Centre Européen d'escalade" à Thiais dans le Val de Marne. De nos jours, beaucoup d'agglomérations possèdent une salle d'escalade ou de pan et leur développement  ne cesse de croître permettant aux grimpeurs de s'entraîner partout en France toute l'année et à toute heure. Il existe un troisième type de structure mobile qui permet de se déplacer dans les manifestations pour faire découvrir l'escalade.

Les SAE (structures artificielles d'escalade) sont équipés de relais et de points d'assurage pour la pratique de l'escalade encordée.Généralement les salles d'escalade possèdent une partie réservée au pan mais il existe également des salles totalement dédiées à cette activité que l'on peut pratiquer seul sans corde et qui permet de s'entraîner sur une filière spécifique.  


  Un peu de vocabulaire 

 - Ouvrir une voie : Il s'agit de la première réalisation d'une voie en montagne ou en falaise. L'ouvreur est en quelque sorte "propriétaire" de sa voie. Il lui attribue un nom de son choix. Les premières ascensions Alpines portaient souvent le nom de leurs ouvreurs, plus tard elles eurent des références cinématographiques, musicales, poétiques ou liées à l'actualité selon l'inspiration. Il décide également de l'équipement laissé en place et réalise un "topo" de l'itinéraire. Les règles d'éthique veulent que l'équipement ne soit pas modifié de son vivant sans son accord. On distingue "l'ouverture du bas" le plus souvent utilisée pour les grandes voies de celle réalisée en fixant une corde au sommet plus souvent utilisée pour les voies en Falaise.

- Enchaîner une voie : La voie est réalisée en tête et seuls les repos naturels sont autorisés. On distingue les enchaînements suivant le nombre d'essais et les aides utilisées. Soit, "à vue" si la voie n'a jamais été travaillée, ni reconnue et que personne ne donne d'indications pour le mouvements. "flash" si la voie n'a jamais été travaillée mais on a vu quelqu'un grimper dedans ou (et) quelqu'un indique les mouvements. "Après travail" lorsque plusieurs essais sont nécessaires. 

- Chantier : Il s'agit d'une voie que l'on travaille en vue de l'encachaîner.

- Escalade Libre : La corde et les équipements en place ne servent qu'à se protéger et ne doivent aider ni à la progression, ni au repos. 

- Escalade artificielle : Les équipements utilisés pour se protéger le sont également pour la progression ainsi que du matériel spécifique comme les étriers.

- Grimper en moulinette : Il s'agit de grimper avec la corde déjà installée au relais. 

- Grimper en tête : ou "monter la corde" ou "premier de cordée". Quelque soit le lieu ( SAE, falaise ou grandes voies), il s'agit de monter encordé en clipant les protections en place ou amovibles. La chute éventuelle est assurée par la présence des protections entre le grimpeur et le sol qui retiennent la corde. Celui qui grimpe en tête doit disposer des connaissances nécessaires pour évaluer les risques pour lui même et pour les autres mais aussi pour gérer l'équipement, l'itinéraire et les techniques utilisées au relais suivant la situation.

Grimper en reversible : En grandes voies, il est possible de grimper soit avec un "premier de cordée" qui réalise toute le voie en tête soit "en reversible". Les grimpeurs se relayent à chaque longueur pour grimper en tête. Cette technique facilite les manoeuvres de cordes et augmente la rapidité de la cordée.

- Descendre en rappel : Cette technique autrefois utilisée en falaise pour descendre des voies n'est plus utilisée qu'en grandes voies.  Il faut faire la distinction avec la technique utilisée à se faire "mouliner" par son assureur. La corde est installée en double au relais et le grimpeur descend en autonomie en utilisant un descendeur (huit ou reverso).

- Voies équipées, semi-équipées, terrain d'aventure : Les voies en falaise sont généralement équipées de gougeons à expansion ou de broches. Dans les grandes voies, l'équipement est parfois identique avec des chaines reliant les 2 ou 3 points des relais. Dans les voies semi-équipées, il faut parfois, suivant le niveau de la cordée rajouter du matériel 'coinceurs, friends ou sangles) entre les points et relier les points des relais. Ces voies sont idéales pour s'initier au terrain d'aventure. En terrain d'aventure, il est nécessaire de rajouter du matériel et de renforcer les relais en place. Rarement en France mais très fréquemment aux USA , il peut possible de trouver des voies avec absence totale de matériel en place.  


 

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